L'anxiété de performance chez les enfants : quoi faire comme parent?

Reading time: 9 minutes
L'anxiété de performance chez les enfants : quoi faire comme parent?

Comme parent, on ne sait pas toujours comment agir quand on voit son enfant anxieux avant un examen ou une performance sportive ou artistique. Faut-il rassurer davantage? Réduire la pression? Encourager autrement? Cet article propose des pistes pour accompagner son enfant dans des situations d'anxiété de performance.

Comment intervenir?

Il existe plusieurs pistes d'intervention pour aider les enfants qui souffrent d'anxiété de performance. Il s'agit notamment de travailler sur les trois composantes associées à l'anxiété, soit les pensées, les sensations physiques et les comportements (voir l'article «L'anxiété de performance chez les enfants : des repères pour les parents»), puisqu'elles s'influencent.

Ainsi, des méthodes de respiration diaphragmatique peuvent être enseignées à l'enfant afin de diminuer quelque peu le degré d'anxiété et l'aider à mieux gérer ses sensations physiques.

Par ailleurs, on peut aider l'enfant à identifier ses pensées anxieuses et à les questionner : comment ça se passe d'habitude? Est-ce que c'est vrai que tu n'as jamais de bonnes notes? Qu'est-ce qui a le plus de chances de se passer, que tu échoues ou que tu n'échoues pas à ton examen? Est-ce que c'est vrai que tout le monde va rire de toi?

Ensuite, il s'agit d'aider l'enfant à développer des pensées plus aidantes et à dédramatiser la gravité de faire des erreurs : est-ce qu'il y a des choses plus graves que faire des erreurs? Est-ce normal de faire des erreurs?

Voici un exemple d'une pensée aidante qui peut être développée : j'ai bien étudié, d'habitude j'ai de bonnes notes, il y a donc peu de chances que j'échoue à mon examen. Si j'échoue, je pourrai me reprendre.

Enfin, il faut travailler à diminuer les comportements d'évitement et de réassurance le plus graduellement possible, et ce, en s'attaquant à un ou deux comportements à la fois, pas plus.

Comment aider son enfant avant un examen?

En prévision d'une évaluation scolaire, en plus d'appliquer les stratégies mentionnées ci-dessus, les parents peuvent prévoir des routines avec leurs enfants afin que ceux-ci évitent les «excuses» pour ne pas faire leurs leçons et devoirs (p. ex., pleurs, crises de colère, perte de leurs articles scolaires, etc.).

Ils peuvent aussi leur permettre d'arrêter d'étudier lorsque la matière est relativement bien maitrisée ou d'arrêter de pratiquer lorsque la performance est relativement acquise. Ils peuvent de plus ajuster leurs attentes en fonction des forces et des défis propres à l'enfant, ce qui permet à l'enfant de le faire aussi! Les parents peuvent également renforcer les efforts et la persévérance au lieu de la performance comme telle.

Comment aider son enfant au quotidien?

D'autres interventions, moins spécifiques, mais tout aussi importantes, peuvent aider l'enfant qui souffre d'anxiété de performance :

  • Lui permettre de s'accorder des moments de détente et de plaisir, de voir des amis la fin de semaine;
  • Accorder à l'enfant une journée de pause de leçons et devoirs la fin de semaine;
  • Bouger! C'est connu, le sport en tant que loisir diminue l'anxiété et améliore l'estime de soi;
  • Valoriser l'enfant autrement que par l'école ou par l'activité dans laquelle il est amené à performer;
  • Permettre à l'enfant de pratiquer des activités qui engendrent moins d'anxiété de performance, par exemple lire pour soi, bricoler à son rythme, colorier, jouer au parc, jouer à des jeux de société coopératifs, etc.

Un coup de pouce?

Il arrive que l'enfant qui souffre d'anxiété de performance ait besoin d'une aide extérieure, car ces bons conseils ne sont pas nécessairement faciles à appliquer même avec toutes les bonnes intentions du monde, et ce, surtout lorsque l'enfant présente une anxiété de performance excessive.

Les psychologues sont très bien formés pour traiter efficacement l'anxiété de performance et les difficultés associées chez les enfants. Le psychologue va aussi s'attarder aux variables parentales qui contribuent à maintenir ou à exacerber l'anxiété de performance chez l'enfant, par exemple les attentes élevées, le perfectionnisme, le renforcement des comportements d'évitement, la réassurance, le contrôle excessif, etc. Il ne faut surtout pas hésiter à consulter, car l'anxiété excessive chez l'enfant a tendance à s'aggraver et à se chroniciser dans le temps, lorsque non traitée.

Références

Affrunti, N. W., & Woodruff-Borden, J. (2015). Parental Perfectionism and Overcontrol: Examining Mechanisms in the Development of Child Anxiety. Journal of Abnormal Child Psychology, 43(3), 517-529.

Couture, N., & Marcotte, G. (2014). Extraordinaire Moi calme son anxiété de performance. Québec : Les Éditions Midi trente.

Couture, N., & Marcotte, G. (2011). Incroyable Moi maîtrise son anxiété. Québec : Les Éditions Midi trente.

Gagné, N. (2010). Maman j'ai peur, chéri je m'inquiète. L'anxiété chez les enfants, les adolescents et les adultes. Québec : Les Éditions La Presse.

James, A. C., James, G., Cowdrey, F. A., Soler, A., & Choke, A. (2015). Cognitive behavioural therapy for anxiety disorders in children and adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2, 1-115.

Rapee, R. M., Wignall, A., Spence, S. H., Cobham, V., & Lyneham, H. (2008). Helping your anxious child: A Step-by-Step Guide for Parents (2e éd.). Oakland, CA: New Harbinger Publications, Inc.

Rapee, R. M., Wignall, A., Hudson, J. L., & Schniering, C. A. (2000). Treating Anxious Children and Adolescents: An Evidence-Based Approach. Oakland, CA: New Harbinger Publications, Inc.

Vasey, M. W., & Dadds, M. R. (Éds). (2001). The developmental psychopathology of anxiety. New York: Oxford University Press.